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"Ce n’est plus la France qui se fracture, c’est la France qui disparaît"

Othman Nasrou, vice-président de la région Île-de-France et premier secrétaire général délégué des Républicains, observe un phénomène croissant de « désassimilation ».


Quels éléments vous permettent de dire que le communautarisme franchit un nouveau seuil dans notre pays ?


Je crois que nous n’en sommes plus à la question du simple communautarisme, où des individus issus d’une même communauté cherchent à vivre entre eux selon leurs propres us et coutumes. Désormais, ce repli identitaire se construit en opposition frontale avec des valeurs fondamentales de la culture et de la société françaises, et avec une logique de rejet. C’est ce que j’appelle la « désassimilation », une sorte d’assimilation inversée. L’opposition à la France et sa détestation deviennent un ciment identitaire. Ce n’est plus la France qui se fracture, c’est la France qui disparaît. Ce qui me préoccupe, c’est que ce phénomène progresse vite. Les nuits d’émeutes intenses que nous avons connues au début de l’été en témoignent aussi. Je n’ai pas l’impression que le gouvernement l’ait compris.


Comment expliquez-vous l’aggravation de cette fracture ?


Je crois que, sous couvert d’antiracisme et de droit à la différence, nous avons laissé déconstruire l’idée que la France avait une identité dont on pouvait être fier et qu’il fallait d’abord défendre et s’approprier. Pour moi, cette fracture se creuse pour trois raisons : d’abord, la radicalisation, par l’entrisme des islamistes, reste un puissant catalyseur de ce mouvement. Ensuite, la rhétorique de l’extrême gauche, et en particulier de La France insoumise, donne une puissante légitimité institutionnelle à cette « désassimilation ». Enfin, l’absence d’une véritable politique de peuplement, qui aurait pu favoriser l’assimilation, restera comme une erreur majeure. Nous avons laissé se concentrer les difficultés dans les mêmes quartiers, avec des élus qui ont voulu se constituer un électorat captif, et qui ont ainsi créé des ghettos identitaires.


Faites-vous un lien entre immigration et insécurité ?


Comment ne pas le faire ? Ce n’est pas un signe égal, bien entendu, mais il faut faire preuve de bon sens : quand on n’arrive pas à choisir qui on veut accueillir, quand on n’arrive pas à reconduire les individus dont on ne veut pas, on se condamne à garder sur notre sol des individus parfois dangereux. On voit bien qu’une partie importante de la délinquance est provoquée par des étrangers en situation irrégulière. Nous l’avions dit à l’élection présidentielle ; le gouvernement finit enfin par le reconnaître. C’est pour cela que la lutte contre l’immigration clandestine, qui favorise exploitation, non-droit et désordre, doit être une priorité absolue, et cela passe évidemment aussi par la maîtrise de nos flux migratoires en général.


Quelle est la résonance des événements actuels au Proche-Orient pour vous, qui êtes issu de l’immigration et élu local à Trappes, dans les Yvelines ?


La fracture est celle que l’on pouvait craindre. Le président de la République a lui-même fait un aveu terrible, passé inaperçu, d’une France qui risquerait de se « diviser » sur cette question. Je veux dire à Emmanuel Macron que, au cas où il l’ignore, la fracture est déjà là. Au nom de la cause palestinienne, beaucoup justifient les pires atrocités et légitiment les actes terroristes les plus inqualifiables. On sent que le gouvernement a peur de mettre le feu sur cette question, mais la maison brûle déjà. Là aussi, La France insoumise porte une lourde responsabilité.


Le gouvernement prépare une loi immigration que votre famille politique croit déjà inefficiente. La droite peut-elle rejeter un tel texte dans le contexte actuel ?


Rien ne serait pire que de faire semblant. Il y a déjà eu une vingtaine de textes sur l’immigration, sans que rien ne change fondamentalement. La politique est une affaire de convictions : si le texte du gouvernement ne permet pas de maîtriser les flux migratoires comme il le prétend, pourquoi le voter ?

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