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Othman Nasrou : « Aucun autre parti que LR n’est capable de faire voter 76 653 personnes dans une procédure interne »

EXCLUSIF - Corps électoral, calendrier, procédures envisagées… Le secrétaire général des Républicains, et soutien déclaré de Bruno Retailleau, estime qu’« il n’y a pas de raison » que LR « n’ait pas son propre candidat jusqu’au bout ».


OTHMAN NASROU. - Pour la seule semaine dernière, nous avons enregistré 30 000 adhésions. Nous constatons un afflux très important, ce qui témoigne d’une réelle dynamique. Ainsi, selon les derniers comptages, 76 653 personnes pourront participer au scrutin de ce week-end.


En mai dernier, 98 110 électeurs avaient participé à l’élection du président du parti. Pourquoi sont-ils moins nombreux aujourd’hui ?


Ils ne le sont pas. Le corps électoral en mai dernier comprenait les adhérents 2024 et 2025. Pour le vote de ce week-end, ce sont seulement les adhérents 2026 qui voteront. Malgré une période de réadhésion très courte, entre le24 mars et le 10 avril, nous enregistrons un afflux massif d’adhésions. En réalité, nous avons d’ores et déjà deux fois plus d’adhérents qu’en 2024 et la trajectoire des adhésions devrait nous permettre d’atteindre un niveau supérieur à celui de 2025 dans les prochaines semaines.


À titre personnel, je voterai pour la désignation directe de Bruno Retailleau.

Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains


Comment l’expliquez-vous ?


Je pense qu’il existe une réelle envie d’une offre politique de droite claire pour mettre un terme à la cacophonie et aux divisions. Aujourd’hui, aucun autre parti que Les Républicains n’est capable de faire voter 76 653 personnes, selon le dernier comptage enregistré mercredi soir, dans une procédure interne comme celle que nous allons vivre. Nos adhérents sont heureux que nous leur redonnions la parole, comme Bruno Retailleau s’y était engagé.


Comment le scrutin est-il organisé techniquement ?


Il s’agit d’un vote 100 % électronique. Le scrutin sera ouvert samedi à 8 heures et sera clos dimanche à 18 heures, pour une promulgation des résultats le soir même à 19 heures. Nous nous appuyons sur un prestataire présentant toutes les garanties de sécurité et de fiabilité, l’entreprise française Paragon, à laquelle nous avions déjà fait appel l’an dernier lors du vote des statuts, après une mise en concurrence de tous les professionnels du secteur. Avec notre effort de bonne gestion, nous avons réalisé 1 million d’euros d’économies, qui alimentera le budget de notre prochaine campagne

présidentielle.


Vote LR fermé, vote LR ouvert aux sympathisants ou désignation directe du président du parti, Bruno Retailleau, au poste de candidat des Républicains : quel choix vous semble-t-il le plus prévisible ?


Je ne veux pas m’engager sur un pronostic mais, à titre personnel, je voterai pour la désignation directe de Bruno Retailleau. Nous avons besoin d’avoir un candidat rapidement investi qui porte nos couleurs et nos convictions. Il est urgent d’aller à la rencontre des Français et de mettre les divisions derrière nous. Cela dit, quel que soit le choix retenu par nos adhérents, nous le respecterons.


Si le vote est élargi aux sympathisants, il y aura trois conditions.

Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains


En cas de vote fermé et d’unique candidature déclarée, celle de Bruno Retailleau, quel serait le sens d’une primaire interne ?


C’est bien pour cela que plusieurs options ont été retenues par le comité de pilotage auquel j’ai participé avec Gérard Larcher, Roger Karoutchi, Patrick Hetzel, Nadine Morano et Henri de Beauregard. Au terme de nos auditions, nous avons eu le sentiment qu’il n’y avait pas d’autres candidatures à une primaire interne que celle de Bruno Retailleau. Aujourd’hui, je n’ai pas à préjuger de qui sera candidat ou non, mais que nos adhérents choisissent une primaire fermée ou ouverte, tous les participants éventuels auront un délai pour dire s’ils souhaitent y participer.


Laurent Wauquiez a annoncé qu’il votera blanc alors que l’option d’une primaire ouverte est proposée…


Laurent Wauquiez pourra voter blanc, c’est bien prévu. Pour le reste, j’avoue ne pas avoir très bien compris ce qu’il propose. Je pense qu’il est temps d’arrêter de nous disputer. La parole est désormais aux adhérents.


Si le vote est élargi aux sympathisants, quelles conditions le parti fixera-t-il ?


Il y en a trois. D’abord, un engagement sur la charte des valeurs, annexée à nos statuts, ce qui est nécessaire pour éviter les phénomènes d’entrisme. Ensuite, une inscription préalable. Enfin, une participation financière, autour de 5 euros, qui permet une traçabilité. Tout cela doit bien sûr être défini par la haute autorité du parti et ratifié par notre bureau politique.


J’entends tous ceux qui militent pour un candidat unique mais pour que ce candidat puisse gagner, il doit incarner un vrai changement. Il n’y a pas de raison que LR n’ait pas son propre candidat et ce, jusqu’au bout.

Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains


Si Bruno Retailleau est désigné, quelles seront les prochaines étapes ?


Notre parti, nos fédérations et nos cadres pourront se lancer en campagne dès la semaine prochaine. Au regard de la situation du pays, le temps n’est pas un luxe. Si Bruno Retailleau est désigné candidat LR, il lui appartiendra de constituer une équipe de campagne et d’enclencher les opérations sur le terrain. Nous avons une quarantaine de groupes de travail qui construisent un projet solide qu’il nous faudra confronter à nos concitoyens. Un an, ce n’est pas de trop pour gagner une élection présidentielle.


Un an au cours duquel Bruno Retailleau pourrait participer à une éventuelle primaire de la droite et du centre ?


Je relève que ceux qui imaginent le scénario d’une primaire ouverte mentionnent des candidats qui ne souhaitent pas y participer. Je suis convaincu que nous avons une offre singulière, un projet de rupture sans la démagogie du Rassemblement national. J’entends tous ceux qui militent pour un candidat unique, mais pour que ce candidat puisse gagner, il doit incarner un vrai changement. Il n’y a pas de raison que LR n’ait pas son propre candidat et ce, jusqu’au bout.


Candidat à la présidentielle et chef de parti : est-ce compatible ?


C’est même un avantage. C’était le cas à chaque fois que nous avons gagné l’élection présidentielle. Un parti, c’est fait pour préparer des élections et les gagner. LR est structuré et les dernières municipales, dont nous sortons gagnants, montrent qu’il est aussi ancré. Des millions de Français ont glissé dans l’urne un bulletin LR. Depuis la déclaration de candidature de Bruno Retailleau, nous avons récolté plus de 2 millions d’euros de dons. La dernière enquête du Cevipof montre qu’en termes de potentialité de votes, nous sommes en deuxième position, bien loin devant Horizons ou encore Renaissance. Un chemin existe. À nous de l’emprunter.


Je ne crois pas qu’une candidature de continuité du « macronisme » puisse gagner.

Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains


Et si ce vote ne réglait rien des divisions internes, alors que d’autres ambitions élyséennes existent au sein de vos rangs ?


Ils ont le droit d’avoir cette ambition. Mais vu l’état du pays, je suis convaincu qu’il n’y a plus de place pour les aventures individuelles. Nous sommes à la croisée des chemins et tous ceux qui joueront contre la réussite collective joueront, en réalité, contre le pays qui a besoin d’une offre politique de droite. C’est probablement notre dernière chance pour redresser la France. Sinon, nous subirons le chaos et assisterons à un triste spectacle en 2027.


La multiplication des candidats potentiels issus du macronisme ne fragilise-t-elle pas la position de Bruno Retailleau ?


Je ne crois pas qu’une candidature de continuité du macronisme puisse gagner. Bruno Retailleau a raison de vouloir porter nos convictions. On peut faire des hypothèses dans tous les sens mais en attendant, il y a des Français à convaincre. Je suis certain qu’une majorité d’entre eux se retrouvent sur la nécessité de rétablir l’ordre et de réduire la dépense publique. Nous devons renouer avec la prospérité en libérant le travail. Qui d’autre que nous propose ce chemin ? Le pays ne peut pas se permettre d’attendre alors qu’il y a tant de questions de fond à trancher : nous avons

besoin d’une confrontation d’idées, non pas d’ego !


ENTRETIEN PAR EMMANUEL GALIERO ET CLAIRE CONRUYT


 
 
 

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