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Othman Nasrou « On est au bord du gouffre et ce budget va nous pousser à faire un grand pas en avant »

Proche de Bruno Retailleau, Othman Nasrou regrette que son parti n’ait pas joué « son rôle de garde-fou » sur le budget


Vous député, auriez-vous voté la censure du budget ?  

 

On nous laisse le choix entre la ruine ou l'instabilité. Ce budget va aggraver les causes de la crise actuelle : la hausse de la dépense publique, l'absence de réformes structurelles, et le poids qui pèse sur la compétitivité des entreprises. On est au bord du gouffre et ce budget va nous pousser à faire un grand pas en avant ! On débat de la redistribution des richesses... qu'on ne crée plus. Surtaxer les grandes entreprises, alors qu’elles réalisent déjà la majorité de leurs bénéfices à l’étranger, revient à appauvrir collectivement le pays. C’est une démagogie absolue.


« On est au bord du gouffre et ce budget va nous pousser à faire un grand pas en avant ! »

 

Entre l’instabilité et la ruine, vous choisissez pourtant la ruine ?

 

La réalité, c’est qu’il n’y a pas de majorité pour un budget qui serait un bon budget.

 

Il ne peut rien sortir de bon de cette période, et ce budget le prouve. Le pays est cadenassé sur un logiciel de gauche, majoritaire à l'Assemblée nationale. Il nous appartiendra de construire une autre majorité avec des engagements forts sur la réduction de la dépense publique et la revalorisation du travail.


« Il nous appartiendra de construire une autre majorité avec des engagements forts sur la réduction de la dépense publique et la revalorisation du travail. »

 

Selon Laurent Wauquiez, ce n'est pas un budget de gauche...

 

Il a été coécrit avec les socialistes. A chaque moment décisif, c’est Olivier Faure qui tenait la plume. Je comprends ceux qui ne veulent pas censurer au nom de la stabilité, mais il ne faut pas travestir la réalité. 

 

Pourtant, vous faisiez partie des gens, après le départ de Bruno Retailleau du gouvernement, qui réclamiez une censure du gouvernement. Qu'est-ce qui a changé ?  

 

La droite aurait pu jouer son rôle de garde-fou à ce moment-là en expliquant que notre non-censure avait un prix. En affirmant que nous ne censurerions pas quoi qu'il arrive, nous avons laissé Sébastien Lecornu se tourner vers le PS. Le mal est fait.

 

Que dites-vous aux chefs d'entreprise déçus par LR qui se tournent vers le RN ?

 

Le RN a voté 34 milliards d'impôts supplémentaires durant le débat budgétaire. Les troupes de Jordan Bardella font l'inverse du discours qu'il sert en aparté, dans des conciliabules secrets avec un certain nombre de patrons. Le RN est une supercherie. Chez eux, personne ne dénonce la surtaxe d’IS, ou la suspension de la réforme des retraites. 

 

Comment expliquez-vous le mauvais score de LR au premier tour de la législative en Haute-Savoie ?

 

Ce résultat est en partie la conséquence d’un éparpillement des voix. Mais il reflète aussi un ras-le-bol des électeurs de droite. La séquence budgétaire a été difficile pour nous. Beaucoup d’électeurs, sensibles au discours de Bruno Retailleau, souhaitent qu’il soit suivi, car aucune victoire individuelle ne peut naître d’une défaite collective.


« Beaucoup d’électeurs, sensibles au discours de Bruno Retailleau, souhaitent qu’il soit suivi, car aucune victoire individuelle ne peut naître d’une défaite collective. »

 

Est-ce que vous en appelez au front républicain pour le second tour et à tendre la main à la gauche ?

 

Le front républicain n'existe plus. Je crois au clivage gauche-droite et à la clarté des clivages politiques. En revanche, je pense qu'un député LR à l'Assemblée nationale est infiniment plus utile qu'un député RN. C'est pourquoi j'appelle à voter pour Christophe Fournier.

 

Espérez-vous toujours une vague bleue aux municipales ?

 

Aujourd’hui, Les Républicains sont de loin la première force politique locale et nous avons bon espoir de le rester. 9 des 10 villes les plus dangereuses de France sont dirigées par la gauche. Nos concitoyens voient bien l’utilité des élus LR pour assurer leur sécurité, préserver leur cadre de vie ou assurer la bonne gestion de nos deniers publics. Nos priorités sont aussi celles des Français !

 

Mais vous avez quasiment disparu des grandes villes...

 

Avec Rachida Dati, nous avons une chance formidable de faire basculer Paris après un quart de siècle de gestion de gauche. Dans les villes écologistes, la gestion dogmatique est aujourd’hui rejetée par les Français. Je suis persuadé que nous allons l’emporter à Lyon mais aussi à Besançon, Tours ou Blois.  Une chose est certaine : face à la gauche, aucune victoire ne se fera sans nous. 


« Une chose est certaine : face à la gauche, aucune victoire ne se fera sans nous. »

 

Rachida Dati a accusé Édouard Philippe de vouloir la faire perdre et Pierre-Yves Bournazel d’incarner "la droite la plus bête du monde”. Etes-vous d'accord ?

 

On aura besoin de tout le monde pour battre la gauche : Rachida Dati est la mieux placée et la seule qui peut l’emporter. Si chacun est libre de se présenter, le 15 mars prochain, le bulletin LR sera le seul utile pour ceux qui veulent réussir l’alternance.

 

Faut-il pour cela tendre aussi la main à Sarah Knafo ?  

 

Quel est le sens de la candidature de Sarah Knafo, si ce n'est d'empêcher la victoire de la droite à Paris ? C'est toujours pareil : ceux qui vous parlent d'union des droites, matin midi et soir, ce sont les fossoyeurs de la droite. 


ENTRETIEN PAR CHRISTINE OLIVIER


 
 
 

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