Othman Nasrou « Si on a le RN demain, on aura le FMI après-demain »
EXCLUSIF : Othman Nasrou accuse la candidate du Rassemblement national de « prendre la campagne en otage » en se présentant à la présidentielle malgré sa condamnation en appel dans le procès des assistants parlementaires européens du RN.
Marine Le Pen, candidate du RN plutôt que Jordan Bardella, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour Bruno Retailleau ?
OTHMAN NASROU : Cela ne change rien pour nous. Le RN reste le RN : un parti démagogue, avec une ligne économique clairement de gauche, sans solution pour le pays et qui, s'il arrive au pouvoir, précipitera la France dans des difficultés supplémentaires.
Cela vous choque que Marine Le Pen décide de se présenter malgré sa condamnation ?
Marine Le Pen prend la campagne en otage. Quoi qu'elle en dise, nous sommes suspendus à la décision de la Cour de cassation. Elle fait ce choix alors qu'elle a été condamnée pour des faits graves, après avoir passé sa vie à donner des leçons de probité, et à défendre l'inéligibilité à vie pour les élus condamnés. Certes, elle a le droit d'être candidate, mais il y a une grande incohérence dans son discours.
En quoi le RN a-t-il une ligne économique « de gauche » ?
Il suffit de regarder les votes du RN depuis 15 ans. Combien de fois ont-ils voté avec LFI ? Ils se sont opposés à la réforme des retraites, à celle de l'assurance chômage, aux 15 heures de travail obligatoires pour les allocataires du RSA. Ils ont défendu un « impôt sur la fortune improductive ». Sébastien Chenu nous explique qu'il est colbertiste : c'était sans doute très bien au XVIIe siècle, mais au XXIe, cela veut dire quoi ? En réalité, le RN a cédé à tous les dogmes de la gauche et de l'extrême gauche, au moment où il faudrait baisser la dépense publique, désendetter le pays, libérer les initiatives. Si on a le RN demain, on aura le FMI après-demain. Et ce n'est pas parce qu'il faut faire barrage à LFI qu'il faut accepter le n'importe quoi du RN.
Jordan Bardella tend la main aux électeurs de droite et dit vouloir faire évoluer le programme…
C'est un marché de dupes. Il ne tend pas la main aux électeurs de droite, il leur présente la facture : celle de la démagogie et de la ruine. A part des mots, rien ne prouve que le RN a changé. Jordan Bardella nous explique qu'ils « réfléchissent » sur les retraites : mais combien de temps peut-on réfléchir quand le déséquilibre est colossal ? Ils sont encore à défendre 40 annuités de cotisation ! Aucun chef d'entreprise sérieux ne peut croire que leur programme diffère de celui du Parti socialiste.
La menace d'une intervention du FMI est-elle crédible ?
Avec plus de 5 points de déficit, 3500 milliards de dette, une dépense publique incontrôlée, un PIB par habitant désormais inférieur à celui de l'Italie et bientôt de la Pologne… qui peut croire que nos créanciers ne finiront pas par réagir ? Ce n'est qu'une question de temps. La seule question est : en sort-on par le haut ou par le bas ?
Avez-vous l'impression que Bruno Retailleau parvient à faire passer ce message ?
Il est le seul à défendre une rupture avec le logiciel social-étatiste qui nous a conduits là. Les Français vont renverser la table l'an prochain. La question est : choisiront-ils la démagogie du RN ou un vrai projet de rupture non démagogique ? Le saut dans l'inconnu ou un vrai changement ?
Interview Christine Ollivier




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