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Présidence de LR: Othman Nasrou, un libéral-méritocrate

Le vice-président de la région Île-de-France, repéré par Valérie Pécresse, «réfléchit» à présenter sa candidature à la tête du parti Les Républicains. Sa cible : les «étatistes» de son parti et les jeunes qui ont, selon lui, perdu le goût de l’effort.



«Je ne cherche pas à être à la mode.» Othman Nasrou préfère la droite «vintage». Avec son éternel sourire, son costume sombre et son libéralisme revendiqué, il s’affiche en gendre de droite idéal. L’ancien porte-parole de Valérie Pécresse et vice-président de la région Ile-de-France se voit comme «une espèce en voie de disparition» chez Les Républicains (LR) face à certains camarades qu’il taxe d’«étatistes irresponsables». Nasrou «réfléchit» à se présenter au congrès des LR en décembre et profite donc de l’été pour se faire connaître en tapant dans les médias sur «l’Etat nounou» et «l’assistanat». Le trentenaire se pose en homme sérieux, voire coincé. A la présidence du bureau des élèves d’HEC, il assainissait les comptes et réduisait les doses d’alcool en soirée. Pour son enterrement de vie de garçon, ses amis l’ont emmené faire la fête à Colombey-les-Deux-Eglises, sur les terres du général de Gaulle.


Elu d’opposition à Trappes depuis 2014, il affirme ne pas être «que libéral». Nasrou mise aussi sur la sécurité, l’identité et… une certaine idée de la méritocratie. «Aucun jeune ne devrait passer sa journée en bas des tours de Trappes sans rien faire. Je veux imposer l’obligation de suivre une formation professionnalisante pour les jeunes sans emploi ou formation», annonce-t-il. Chargé de la jeunesse et de la «promesse républicaine» à la région, il s’inspire du revenu jeune actif, mis en place avec Pécresse l’an dernier, en ajoutant le couperet de la sanction. Et de claironner : «Ce n’est plus l’égalité des chances mais l’obligation des chances.»


«Quand on étudie, on réussit»

Né à Casablanca au Maroc, l’élu arrivé en France à l’âge de 15 ans voudrait redonner le goût aux Français de la promesse républicaine. «On m’a souvent dit “comment tu peux être de droite avec tes origines ?” Je hais ce déterminisme», gronde-t-il. Nasrou aime à rappeler qu’il est devenu vice-président de la région seulement six ans après avoir été naturalisé français. Reste qu’il a étudié dans un lycée français très réputé à Casablanca, puis a rejoint Versailles pour des études supérieures en classe préparatoire avant d’intégrer HEC. «Quand on étudie, on réussit», lui ont enseigné ses parents, professeur de lettres et cadre dans une compagnie aérienne.


Source : Libération

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