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« La page du macronisme se tourne » : les Républicains de l’Eure à l’attaque pour 2027

10 oct.
4 min de lecture

Attaques contre LFI, bilan du pouvoir et cap sur 2027 : la droite euroise a fait une rentrée offensive à Sainte-Colombe-la-Commanderie (Eure), samedi 17 octobre 2026.

La Grange de Renneville, à Sainte-Colombe-la-Commanderie (Eure), accueillait samedi 17 octobre 2026 la rentrée politique des Républicains de l’Eure. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, pour laquelle Bruno Retailleau est le candidat du parti, les militants étaient réunis autour de plusieurs figures nationales et régionales.


Jonas Haddad, vice-président de la Région Normandie et porte-parole de Bruno Retailleau, ainsi qu’Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains et coordinateur des porte-parole du parti, avaient répondu à l’invitation de Kristina Pluchet. Élue à la tête de la fédération départementale, cette dernière a également été réélue sénatrice le 27 septembre dernier.


Après avoir accueilli la centaine de participants, Kristina Pluchet a rapidement donné le ton. « On a eu dix ans d’En Marche, et rien ne marche. Tout a été méticuleusement détricoté », a-t-elle lancé, ouvrant ainsi les débats sur un réquisitoire contre le bilan des dernières années.


La France Insoumise en point de mire


C’est ensuite Othman Nasrou qui a pris la parole devant les militants, en ciblant à tout va les adversaires politiques des Républicains, à commencer par La France Insoumise. « Ce que je vois en ce moment, c’est que l’extrême gauche a décidé de passer à l’offensive. On ne me fera pas croire que si les lycées sont brûlés c’est parce qu’il manque des professeurs, qu’il y a deux heures de trous dans les emplois du temps, ou qu’il y a une fuite dans le plafond », s’indigne-t-il.


« Les lycées sont brûlés aujourd’hui parce que nous avons cédé à une idéologie d’extrême gauche qui gangrène l’éducation nationale. LFI est un parti voyou, hors-la-loi (sic) », a-t-il poursuivi, en faisant référence à la proposition de Bruno Retailleau de dissoudre le parti de Jean-Luc Mélenchon.


L’éducation nationale au cœur des débats


Toujours au sujet des manifestations lycéennes, Othman Nasrou a vivement critiqué le système éducatif français. « On ne fait plus redoubler personne. Des jeunes arrivent au lycée sans savoir écrire, lire, compter. Ce n’est pas pour rien qu’on est le dernier pays d’Europe au classement PISA. Il nous faut une Éducation nationale forte », a-t-il déclaré.


Une affirmation à nuancer : dans le classement PISA auquel il fait référence, la France se situe au 27e rang sur 91 pays et ne figure pas en dernière position européenne. Elle devance notamment l’Italie, l’Espagne et le Portugal dans certains des domaines évalués.


Après la gauche de Jean-Luc Mélenchon, c’est au pouvoir en place que le secrétaire général des Républicains s’est attaqué. « L’histoire de France jugera de manière sévère la décennie de Macronie, qui a organisé la paupérisation collective. »


Après les applaudissements fournis de la centaine de militants, c’est le vice-président de la région Normandie, Jonas Haddad, qui a pris la parole, après être arrivé en retard pour s’être rendu à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), où un bâtiment de l’Université Rouen-Normandie a été incendié quelques heures plus tôt.


Il évoque lui aussi une possible implication de l’extrême gauche dans ces événements, tout en précisant que ses recherches sont encore en cours. « Je suis en train de sourcer l’origine et les motivations politiques des commanditaires de l’incendie, et ça va faire du bruit. Ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est pas de l’ultra-droite… », avance-t-il, quelques heures seulement après les faits.


Othman Nasrou s’en prend également au principe de la « convergence des luttes », qu’il rejette : « Je déteste le thème de convergence des luttes. Quel rapport y a-t-il entre un agriculteur de l’Eure et un militant LFI aux cheveux bleus qui porte un keffieh ? Aucun. »

« Pas d’autre alternative à droite »

Passé la critique des autres courants politiques, sans trop égratigner toutefois l’extrême droite du Rassemblement National et de Reconquête, les pontes des Républicains ont vaguement évoqué des points de programme de Bruno Retailleau, tentant par là de charmer un public déjà majoritairement conquis à la cause du candidat LR pour les présidentielles. « Il n’y a plus de droite modérée à part nous, il n’y a pas d’autre alternative gagnable à droite », a martelé Jonas Haddad. « Vous avez été courageux pendant 10 ans. La page du macronisme se tourne dans l’Eure, qui a été son laboratoire », a-t-il adressé à l’assistance, qui a ensuite pu poser ses questions sur des sujets divers.


Le sujet des alliances potentielles a notamment été évoqué par un militant, qui proposait un rassemblement de Bruno Retailleau avec d’autres figures de la droite, comme « David Lisnard, Éric Ciotti, ou Sarah Knafo ». L’évocation d’Éric Ciotti, ancien président des Républicains qui s’est rallié au Rassemblement National en pleine campagne des élections législatives en 2024, a fait grincer des dents à Othman Nasrou.


« Mais, au risque de choquer, je préfère perdre une élection que perdre mon âme. Il faut une seule personne, et cette personne, c’est Bruno Retailleau. »

Kristina Pluchet l’affirme : « La situation du pays est très très grave, mais pas de panique. il est hors de question de s’allier avec les responsables de la situation actuelle. S’il y a des alliances, elles ne seront pas avec eux. »


En prévision de la campagne présidentielle, le département de l’Eure est forcément un vivier de voix potentielles pour les Républicains, avec ses quatre députés sur cinq qui portent l’étiquette du Rassemblement National. « C’est un département où on veut de l’ordre et on veut que le travail paye. Si on veut reconstruire la droite, ça passe forcément par l’Eure », conclut Othman Nasrou.


 
 
 

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