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Othman Nasrou : « Il faut une rupture »

il y a 2 jours
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 12 heures

ENTRETIEN : Né au Maroc, fils d’un professeur de littérature et d’une employée de compagnie aérienne, Othman Nasrou est un pur produit de la France Républicaine, de ce que ce pays peut proposer de mieux à ceux qui l’ont choisi pour y faire leur vie et surtout pour l’aimer.


Après ses études secondaires à Casablanca, il intègre le lycée Ste Geneviève à Versailles et réussit le concours d’entrée à HEC. Créateur de start-up dans la haute technologie, Othman Nasrou a décidé à 25 ans, de prendre la nationalité Française, pas par opportunisme mais par choix réel, réfléchi et voulu. Le choix du cœur avant tout.  Celui qui a choisi de s’installer un temps à Trappes dans les Yvelines et d’y être par deux fois candidat à l’élection municipale a lutté toute sa vie contre les communautarismes. Aujourd’hui, il est 1er vice-président de la Région Ile de France, Secrétaire général des Républicains et coordinateur des porte-paroles de la campagne de Bruno Retailleau, candidat à la présidence de la République. Il intègre le gouvernement de Michel Barnier en tant que Secrétaire d’État en charge de la citoyenneté et à la lutte contre les discriminations mais Othman Nasrou n’en est pas pour autant devenu « Macroniste ». Il est un des rouages essentiels de la campagne de Bruno Retailleau dont il est devenu le bras droit... Homme politique ouvert, brillant, et courtois, mais aussi humble, simple et intelligent, quoi de plus normal de lui donner la parole dans les colonnes du Petit Niçois.


Le Petit Niçois : Quel rôle avez-vous dans la campagne de la présidentielle pour 2027 auprès de Bruno Retailleau ?


Othman Nasrou : Je suis chargé de coordonner les différents porte-paroles de Bruno Retailleau, candidat Les Républicains (LR) à l’élection présidentielle de 2027, outre mes fonctions de Secrétaire Général du parti. Notre pays est à la croisée des chemins... Les Français ne veulent pas assister à la saison 3 du macronisme. Ils attendent une rupture sérieuse avec le passé. Pour porter Bruno Retailleau à l’Elysée, nous devons occuper tout l’espace politique entre un Rassemblement national qui change constamment d’avis sur tout et les héritiers d’Emmanuel Macron qui ont tout raté. Nous y croyons.

 

Quelle est votre priorité pour réussir ce pari ?


Dire la vérité aux Français. Leur dire la vérité sur la crise de la dette qui vient, sur notre système de retraite par répartition qui est en danger, sur l’immigration massive qui n’est plus une chance. Seuls les mots vrais appellent les gestes forts. Et notre pays n’a plus de temps pour les demi-mesures.

Il faut tourner la page du modèle social-étatiste qui a prétendu soutenir la croissance par la dépense mais n’a abouti qu’à creuser les déficits. Il nous faut réformer le système pénal et notamment la justice des mineurs. Il faut réviser la Constitution pour faire les référendums que nous appelons de nos vœux. Bruno Retailleau est le seul qui tienne ce discours de vérité, réaliste et responsable, et qui propose ces solutions.

 

Comment réviser la Constitution ?


Sur la base de l’article 89 qui fixe les règles et les étapes pour modifier la loi fondamentale de la République. Puis, il faudra élargir le cadre de l’article 11 qui permet au Président de la République de soumettre un projet de loi au référendum. Actuellement, seuls les domaines concernant l’économie et le social sont susceptibles d’être soumis à référendum. Demain, avec Bruno Retailleau, les Français pourront s’exprimer sur tous les sujets d’ordre législatif, et notamment l’immigration. C’est le premier référendum que nous organiserons.

Mais il y a d’autres domaines qui pourraient faire l’objet d’un référendum. Il faut redonner la parole aux Français, c’est une nécessité. Le peuple souhaite plus de justice qu’il trouve aujourd’hui trop laxiste avec les coupables notamment de violences urbaines... Nous sommes les seuls à pouvoir réviser la Constitution car nous sommes les seuls à avoir la majorité au Sénat pour le faire.

 

Que pensez-vous du rôle que s’est octroyé le Conseil constitutionnel ces derniers temps ?


Chacun doit être à sa juste place. Le Conseil constitutionnel est là pour vérifier la constitutionnalité des lois, pas pour produire du droit. Quand le Conseil constitutionnel censure la proposition de loi sur la justice des mineurs, en faisant primer l’objectif de relèvement éducatif et moral des enfants délinquants sur la sanction, dit-il le droit ou fait-il de la politique ? Les Français ont l’impression que nous n’y arriverons jamais ! Il faut redonner au peuple de France le pouvoir d’agir Car comme disait le Général de Gaulle, en France, la seule cour suprême, c’est le peuple !

 

C’est aussi ce que veut le RN. Si vous n’êtes pas au second tour, appellerez-vous à voter pour le RN ?


Quand on s’engage dans un combat comme la Présidentielle, c’est pour la gagner. Bruno Retailleau est notre candidat et c’est un bon candidat qui dit ce qu’il va faire et qui fera ce qu’il a dit. Nous ne sommes pas en phase avec le programme du RN qui n’est pas le nôtre. Par contre, pour nous, LFI représente un vrai danger pour la France.


Liens entre LR et le centre : « Il n’y aura pas de saison 3 du « Macronisme »

Pourriez-vous rejoindre un candidat du centre comme Edouard Philippe ou Gabriel Attal ?


Edouard Philippe comme Gabriel Attal ont été Premiers ministres d’Emmanuel Macron. Et ils dirigent des formations politiques qui, depuis dix ans, sont de tous les Gouvernements. Ils sont comptables de la totalité du bilan ! Aucun d’entre eux ne pourra devenir le prochain Président de la République. Les Français ne le souhaitent pas. Il n’y aura pas de saison 3 du « macronisme ».

 

Votre candidat, Bruno Retailleau, serait-il favorable à une primaire de la droite et du centre ?


Bruno Retailleau n’a pas peur de la compétition. Par deux fois, il s’est présenté devant les militants de notre famille politique, qui l’ont adoubé. Il ne se dérobe jamais devant un combat à mener. Mais encore faut-il en définir les contours : avec qui ? jusqu’où ? Personne n’est d’accord pour l’instant et Edouard Philippe n’en veut pas. Pendant qu’ils en discutent, nous, on avance.

 

David Lisnard est d’accord pour des Primaires. Quelle différence avec vous ?


Je le connais bien. Et je l’apprécie beaucoup. Il porte un discours puissant sur la réforme de l’Etat et le redressement économique. Il a son ambition, nous avons la nôtre. Mais il est appelé à être un pilier de la France de demain.

 

Et Laurent Wauquiez ?


Il n’a pas fait le choix des LR, il a préféré rallier Edouard Philippe... Il a sa liberté, je la respecte. Encore une fois, le pays a besoin de clarté et de cohérence, on ne peut pas changer d’avis tous les mois, les Français ne le supportent plus ! Bruno Retailleau, lui, dit aujourd’hui ce qu’il pensait hier. Il n’a jamais varié dans ses convictions. Et ses convictions sont résolument de droite, en rupture avec le macronisme.  

 

Mais vous aussi, vous avez été dans un gouvernement, celui de Michel Barnier, sous Macron...


Précisément, dans le Gouvernement de Michel Barnier ! Si nous ne l’avions pas fait à l’époque, le Nouveau Front Populaire aurait été aux commandes avec Lucie Castets comme Première ministre. Il fallait faire barrage à la gauche mélenchonisée. Si c’était à refaire, je le referais. J’ajoute que Michel Barnier a préféré la censure plutôt que de transiger sur l’intérêt du pays. D’autres que lui n’ont pas hésité à revenir sur la réforme des retraites – qui a considérablement alourdi le poids des intérêts de la dette française – pour durer.

Au Ministère de l’Intérieur, nous avons eu des résultats non négligeables, sur les régularisations, les naturalisations et les expulsions. J’ai moi-même initié une refonte totale de notre politique d’intégration, en assumant le principe d’assimilation.


Immigration : « Pas de reprise d’ OQTF, pas de visas ! »

C’est sous son mandat de ministre qu’il y a eu le plus de visas avec 500 000 immigrés de plus en une seule année...


Les visas dépendent du ministère des Affaires étrangères, pas de l’Intérieur. Bruno Retailleau a demandé que cette prérogative revienne à son ministère, le Président de la République s’y est opposé. Nous avons donc quitté le Gouvernement...

Pendant un an, Bruno Retailleau a activé tous les leviers de fermeté à sa disposition. C’est lui qui a supprimé la circulaire de Manuel Valls si permissive avec les immigrés clandestins. C’est lui qui a renforcé les critères d’assimilation en matière de naturalisations. C’est lui qui a poussé auprès de ses homologues européens, le règlement « retour », voté au Parlement Européen, grâce notamment à François-Xavier Bellamy.

 

Mais 6 ministres LR sont restés...


Effectivement, et ils ont été immédiatement suspendus du parti. Les LR ne se dissoudront jamais dans le « macronisme » ... Il n’a jamais été question pour nous de nous maintenir au pouvoir à tout prix. Chacun est libre mais il faut assumer. Bruno Retailleau aurait pu rester ministre, il a considéré que ce gouvernement n’était pas compatible avec ses idées.

 

Et l’Algérie, qu’en retenez-vous ?


Il faut créer un rapport de force. En matière d’immigration, nous avons de multiples leviers pour avoir gain de cause : le conditionnement des visas aux laissez-passer consulaires, le conditionnement de l’aide au développement au principe de réciprocité, les politiques commerciales nationales et européennes qui doivent contribuer au succès de notre politique.


L’agriculture et l’UE : « Les intérêts de la France ne sont pas assez défendus »

Van Der Leyen n’était-elle pas le « problème », pourquoi l’avoir ratifié ?


Le PPE a voté. Parfois, on n’est pas toujours d’accord. Au final, nous avons pu faire bouger les lignes avec le règlement « retour ». C’est un vrai changement et une vraie victoire. Mais c’est vrai que les intérêts de la France ne sont pas assez défendus. L’exemple du Mercosur est symptomatique. L’Europe se construit sans la France...  

 

Notre monde agricole est sinistré. Quelles propositions ?


En dix ans, 100 000 exploitations agricoles ont disparu dans notre pays. Et l’an dernier, nous avons enregistré l’excédent commercial le plus bas depuis presque cinquante ans : à peine 200 millions d’euros. Voilà l’état de notre agriculture ! Pourtant, un pays qui ne se nourrit plus et un pays condamné à disparaitre. Physiquement et moralement, car nos agriculteurs sont dépositaires d’une partie de notre identité nationale.

C’est pourquoi Bruno Retailleau a fait des propositions fortes en matière agricole. La première d’entre elle est faire de l’agriculture un intérêt fondamental de la nation et de l’inscrire dans la Constitution. La seconde est de moderniser les exploitations et de soutenir leur compétitivité. En réorientant les aides publiques vers l’investissement productif et non vers le respect des normes prescriptives ; en investissant dans les nouvelles technologies comme les drones agricoles et la robotisation des tâches pénibles ; en supprimant les impôts de production pour l’industrie de transformation. La dernière relève de la simplification normative.

 

Quelles simplifications ?


Plus qu’une simplification, c’est une dérégulation qu’il nous faut à présent. Supprimer le principe de précaution, supprimer le ZAN, supprimer les PTGE pour les remplacer par une planification stratégique par bassin, imposer par une loi organique l’interdiction de toute surtransposition, autoriser les produits phytosanitaires déjà validés chez nos voisins européens, relever drastiquement les seuils ICPE, etc. Nous irons très loin !

Ce que nous ferons par l’agriculture, nous le ferons pour le reste de l’économie : Les 100 normes les plus paralysantes seront supprimées. Le code du travail sera recentré sur 50 principes fondamentaux, le reste sera renvoyé aux accords d’entreprise.

 

Le mot de la fin ?


Notre programme sera dévoilé avant la fin de l’année. Il est structuré et réaliste. Nos convictions sont fortes, une vraie colonne vertébrale. Notre calendrier est connu, Bruno Retailleau sera bien candidat à l’élection présidentielle et nous partons pour la gagner !


Entretien à retrouver sur le site du Petit Niçois : https://lepetitnicois.net/politique-bruno-retailleau-president-des-lr-a-743/

Propos recueillis par Pascal Gaymard


 


 
 
 

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